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Assurance emprunteur : que vérifier lorsque l’arrêt de travail n’est pas pris en charge ?

8 oct.
5 min de lecture

Votre médecin a prolongé votre arrêt de travail, vos revenus ont diminué et la mensualité du crédit immobilier continue d’être prélevée. Vous avez déclaré votre situation à l’assurance emprunteur, mais vous recevez un refus ou une nouvelle demande de documents.


L’arrêt prescrit par votre médecin ne déclenche pas automatiquement la garantie du prêt. Pour comprendre la réponse de l’assureur, votre dossier doit être rapproché de la définition contractuelle de l’incapacité. La première question est donc précise : quelle condition l’assureur estime-t-il non remplie ?


Le certificat d’adhésion et la notice permettent d’identifier votre couverture


Votre dossier commence par le certificat d’adhésion ou les conditions particulières, la notice applicable et les éventuels avenants. La brochure commerciale ou la notice aujourd’hui disponible sur Internet ne correspond pas nécessairement à la version de votre contrat.


Le certificat permet de vérifier les garanties retenues pour chaque emprunteur. Une assurance couvrant le décès ne suffit pas à établir une couverture de l’incapacité temporaire de travail, souvent désignée par le sigle ITT. La quotité, c’est-à-dire la part du prêt assurée pour la personne concernée, mérite également d’être vérifiée. [1, 8]


En matière de crédit immobilier, lorsque le prêteur propose l’assurance, l’article L. 313-29 du Code de la consommation prévoit une notice annexée au contrat de prêt, qui présente les risques garantis et les modalités de mise en jeu. [2]


L’article L. 113-5 du Code des assurances rappelle que la prestation due est celle déterminée par le contrat. [3]


La définition de l’incapacité doit correspondre à la situation examinée


Selon les contrats, l’ITT s’apprécie par rapport à votre profession au moment de l’arrêt ou à toute activité professionnelle. Cette différence peut être déterminante. L’impossibilité de reprendre votre métier ne répond pas nécessairement à une clause visant l’impossibilité d’exercer toute profession. [4]


Votre activité réelle doit être décrite : déplacements, port de charges, station debout, conduite, concentration ou gestes répétitifs.


Les pièces médicales utiles permettent de relier les limitations constatées aux critères du contrat. Votre médecin peut décrire ces limitations ; il n’a pas à reprendre une formule dictée pour obtenir l’indemnisation. Les informations transmises doivent rester exactes et correspondre à la période discutée.


Le motif du refus détermine les pièces utiles


Un dossier incomplet et une décision refusant la garantie n’appellent pas la même réponse. Lorsque le courrier est imprécis, votre demande écrite peut porter sur la clause exacte, les dates retenues et les pièces encore attendues.


Motif annoncé

Vérification à préparer

L’assureur indique que l’ITT n’est pas souscrite.

Le certificat et les avenants permettent de vérifier les garanties effectivement retenues.

L’assureur estime que l’état médical ne répond pas à la définition.

La clause doit être rapprochée des constatations médicales et des contraintes professionnelles pertinentes.

L’assureur invoque une période non indemnisable.

Une chronologie permet de contrôler les dates et le délai contractuel appliqué.

L’assureur attend des justificatifs.

La liste demandée peut être comparée aux pièces déjà envoyées et aux preuves de transmission.


Une exclusion de garantie soulève une question supplémentaire. L’article L. 113-1 exige une exclusion formelle et limitée. L’analyse doit distinguer une véritable exclusion d’une condition définissant la garantie ; toute clause défavorable ne constitue pas automatiquement une exclusion. [5] Le cabinet présente ce contrôle dans son article sur la contestation d’une exclusion de garantie.


Les délais et le calcul peuvent expliquer une prise en charge différée ou partielle


Le délai de carence concerne la période suivant la prise d’effet de l’assurance pendant laquelle la garantie concernée n’est pas encore mobilisable, selon le contrat. La franchise correspond à une période non indemnisée après le début du sinistre. Leur durée et leurs modalités doivent être relues dans la notice ; aucun nombre de jours ne vaut pour tous les contrats. [1]


Le mode de calcul compte également. Une garantie forfaitaire repose sur la prestation convenue, en tenant compte notamment de la quotité. Une garantie indemnitaire dépend de la perte de revenus selon les règles contractuelles. Un maintien de salaire peut donc nécessiter une analyse différente selon la formule souscrite. [1]


Votre tableau doit distinguer les mensualités du prêt, les sommes demandées à l’assureur et les versements reçus. Cette présentation évite de réclamer un montant global sans expliquer son calcul.


Un dossier court et ordonné facilite le réexamen


Une chronologie peut réunir la prise d’effet de l’assurance, le début de l’arrêt, ses prolongations, la déclaration, les demandes de pièces et la réponse contestée.


Les pièces utiles comprennent notamment le contrat complet, le tableau d’amortissement, les justificatifs d’arrêt et le courrier de refus. Une fiche de poste peut éclairer les exigences professionnelles. Les bulletins de salaire, attestations de maintien de rémunération et décomptes d’indemnités deviennent particulièrement utiles lorsque la perte de revenus intervient dans le calcul.


Les documents médicaux doivent être adressés au destinataire médical indiqué dans la procédure de l’assureur, par le canal prévu, plutôt que joints indistinctement à tous les échanges avec la banque.


Une réclamation précise doit préserver vos recours


Votre réclamation rappelle la référence du contrat, la période demandée et le motif contesté. Elle explique ensuite ce que la clause prévoit, ce que vos pièces établissent et le réexamen sollicité. Une copie datée et une preuve d’envoi doivent être conservées.


Le service réclamations constitue l’interlocuteur à saisir lorsque les échanges ordinaires échouent. Une médiation peut ensuite être envisagée après cette réclamation, sous réserve de sa recevabilité. Une procédure judiciaire peut également être étudiée, notamment lorsque le désaccord nécessite une analyse médicale ou contractuelle approfondie. [6]


La prescription doit être examinée sans attendre l’issue des discussions. L’article L. 114-1 prévoit en principe deux ans pour les actions dérivant du contrat d’assurance ; le point de départ doit être déterminé selon le dossier. L’article L. 114-2 prévoit notamment l’effet interruptif d’un recommandé avec accusé de réception adressé à l’assureur concernant le règlement de l’indemnité. Une simple relance par courriel ne présente pas cette même garantie. [7]


Les questions fréquentes


Le mi-temps thérapeutique est-il couvert ?


Une reprise partielle peut mettre fin à la prise en charge de l’ITT. Certaines clauses maintiennent toutefois une couverture du mi-temps thérapeutique. La notice doit être vérifiée avant de présumer la poursuite des prestations. [4]


Puis-je arrêter les prélèvements pendant la contestation ?


Votre réclamation ne doit pas vous conduire à supposer que les échéances du prêt sont suspendues. Votre banque peut être contactée rapidement pour examiner les solutions possibles et leurs conditions écrites.


Quelles pièces apporter au premier rendez-vous ?


Le certificat d’adhésion, la notice, le refus écrit et une chronologie constituent une base utile. Le cabinet vous indiquera ensuite les justificatifs nécessaires à l’analyse.


Un accompagnement à Marseille et dans toute la France


Maître Hichem KHOURY, avocat au barreau de Marseille, intervient en droit des assurances, à Marseille et dans toute la France. Vous pouvez contacter le cabinet pour faire examiner le contrat et les possibilités de contestation.


Cet article fournit une information générale. L’examen de vos droits dépend des garanties souscrites et des pièces de votre dossier.


Sources officielles


Sources consultées le 8 octobre 2026 :


  1. ABE Infoservice — Que faut-il savoir sur l’assurance emprunteur ? — Garanties, délais et modes de prise en charge.

  2. Code de la consommation, article L. 313-29 — Notice lorsque le prêteur propose l’assurance d’un crédit immobilier.

  3. Code des assurances, article L. 113-5 — Prestation déterminée par le contrat.

  4. Service Public — Garanties décès, invalidité et incapacité de l’assurance d’un prêt immobilier — Définition de l’ITT et reprise partielle.

  5. Code des assurances, article L. 113-1 — Exclusions formelles et limitées.

  6. Banque de France — Que faire en cas de litige lié à une assurance ? — Réclamation, médiation et recours.

  7. Code des assurances, articles L. 114-1 et L. 114-2 — Prescription et interruption.

  8. Service Public — Comment obtenir un contrat d’assurance emprunteur pour un crédit immobilier ? — Garanties et part du crédit assurée.

 
 
 

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